Peur bleue en avion
J'ai passé une partie de la semaine à Montréal. Le jeudi soir, je sais que la météo n'est pas très belle à Sept-Îles et j'anticipe déjà le vol car il y a des rafales importantes (de l'ordre du 90 km/h) et de la pluie forte qui tombe à l'horizontale me dit-on ! Entre Montréal et Québec, l'avion est presque plein. Je suis à la rangée 3 près de l'hélice. En avant de moi, un couple avec un enfant d'environ 2 ans et en avant d'eux, deux gars dont l'un parle grossièrement et très fort; désagréable. Quelques rangées derrière moi, une femme et son bébé qui pleure et qui pleurera jusqu'à Sept-Îles; pénible. En prenant de l'altitude au-dessus des nuages, on ne s'y attend pas et soudainement, de forts coups se font entendre sur la carlingue et j'ai nettement l'impression que le premier coup est de mon côté. Une dizaine de coups suivent jusqu'à ce que l'agente de bord nous informe qu'il s'agit de glace accumulée sur les ailes projetée par l'hélice sur la carlingue. Plus personne ne parlait dans l'avion sauf le bébé bien entendu... Lorsque tu ne connais pas le phénomène, c'est l'inconnu et là, la peur te tenaille les entrailles. C'est ce qui m'est arrivé. J'avais juste le goût d'aller aux toilettes mais je ne pouvais pas me lever. Je me suis sentie vulnérable sans issue de secours. Le pilote a donc fait des manoeuvres pour redescendre à un niveau où le verglas ne sévissait pas. Arrivée à Québec, mon ventre s'était calmée et j'allais beaucoup mieux. Cependant, une dame assez grassette n'allait pas du tout; elle avait besoin d'air et se rendant à la porte de sortie, elle a eu juste le temps d'attrapper un sac pour y être malade. Moi qui ne suis pas trop écoeureuse, ça allait mais ce n'est jamais agréable à regarder. Enfin, à Québec, une collègue est embarquée et s'est assise près de moi. Le voyage s'est bien déroulé jusqu'à l'approche de Sept-Îles. Probablement lorsque l'avion a survolé l'eau, une forte zone de turbulence est survenue. J'ai l'habitude de quelques turbulences dans le secteur mais là, ça m'a frappée pas mal plus. Encore là, plus personne ne parlait sauf le bébé (pauvre petit, sa mère n'avait pas prévu de lait ou jus pour lui.. mère inconsciente...). La même dame a recommencé à être malade. Ma collègue et moi avons donc décidé de parler pour diminuer l'angoisse. Il ventait fort et, au moment de l'atterrissage qui s'est quand même assez bien déroulé, l'avion brassait pas mal. Bref, à la sortie, tout le monde était un peu ou beaucoup blême et surtout heureux d'être sur le plancher des vaches. Je sais bien que je vais retourner en avion et je souhaite que ça se passe bien. Les avions sont solides, les pilotes expérimentés, la sécurité des avions canadiens est excellente, ça me rassure mais je crois que je vais toujours me rappeller le moment où ne sachant pas que c'était de la simple glace, je me disais que mon heure était arrivée. D'autant plus que j'avais assisté le midi à une conférence d'Hubert Reeves sur l'avenir de la planète. Mon avenir à moi était tout tracé, il allait s'arrêter là...
Parlant de l'avenir de la planète, s'il n'y a pas de prise de conscience et d'agissements à court terme, l'extinction de la 6e espèce, soit l'être humain, se fera non pas dans un million d'années mais d'ici une centaine d'années. C'est peu... Je me demande pourquoi j'ai mis au monde des enfants. Pas très rassurant l'astrophysicien. C'est la réalité et je pense que plusieurs participants sont ressortis de la conférence en se disant qu'ils allaient regarder à deux fois ce qu'ils mettraient dans leurs poubelles, etc. David Suzuki met l'équivalent d'un sac de poubelle aux vidanges une fois par mois seulement. Pour Hubert Reeves, lui c'est le genre de bonhomme à qui il ne faut pas demander : «Ça va ?». Enfin, la vie continue pour le moment... mais cette conférence va me trotter dans la tête pour un bout de temps.

0 Comments:
Post a Comment
<< Home