Chatonne poisson d'avril


Quand mon cerveau fourmille et qu'il me réveille en plein sommeil, j'essaie de faire le vide mais il y a trop de trop. Trop d'infos à digérer, trop de lectures qui attendent, trop de tâches à accomplir, trop de courriels inutiles, trop de rendez-vous manqués, trop de consignes, trop de règles. Tout d'un coup, je me lève, je fais des listes, virtuelles listes parfois. Une liste avec la colonne de trop à évacuer et la colonne de pas assez. Pas assez de bonnes actions, pas assez de caresses, pas assez d'encouragements, pas assez de mercis, pas assez de sourires, pas assez de je t'aime. Je raye la liste des trop et je surligne la liste des pas assez. Je ne fais que passer mais je me plais à penser. Je déteste vivre trop vite, je ne file pas bien. J'aime vous entendre penser, saisir le moment présent, arrêter l'effervescence. Être soi-même, c'est difficile. Être avec d'autres, c'est difficile. Je recherche continuellement l'équilibre mais il y a des jours ou des nuits où la critique fait un pas de trop, où la tempérance recule. Vivement que ces heures moroses passent et que je retrouve mon rythme...
C'est quasiment la fin d'une année de congé, je n'ai pas vu le temps passer, j'ai été bien occupée et j'ai fortement apprécié chaque journée. Mais il me reste une dernière virée à faire à Québec, Trois-Rivières et Montréal avec maman et mari, histoire de faire le plein de légumes frais et de voir la parenté avant de s'encabaner.
Après avoir vu la côte du Pacifique, nous partons bientôt pour la Thailande. Bien excitée j'avoue même si je laisse derrière mes amours de parents. Vancouver, c'est beau et propre, bien organisée même si je l'ai vu rapidement. Bien aimé Banff même si très touristique. Le lac Louise en hiver, charmant et pas achanlandé, mon coup de coeur à cause du paysage montagnes-glacier. Calgary, ouf trop étouffant, ville en plein essor économique et ça paraît. Une belle semaine en famille avec maman, belle-maman, frérot et sa blonde. Bouffé comme des rois et des reines. Maintenant, on part tout à l'heure pour des retrouvailles, voir ceux qu'on a connus du temps de mon enfance à Labrieville. Je vous raconterai ça et la Thailande un jour peut-être...
Avez-vous vu la date de ce message? Oui, eh bien l'été est déjà passée ici. Tempête de neige depuis ce matin, grands vents et accumulation de 30 cm prévue. Oui, j'ai fait un beau voyage dans l'Ouest, en Thailande, à Paspébiac et mon fils a adoré la Californie. Voyons donc, rien de cela n'est encore vécu mais la météo se fout de nous. L'avantage, c'est que j'ai eu de belles fleurs sans trop désherber mais bon sang que j'aurais aimé vivre mon été. Je sais que c'est court et que ça passe vite, déjà le retour au boulot, hum faites quelque chose les anges au ciel, ralentissez les tornades américaines qui nous catapultent ce mauvais temps. El Nina ma cocotte!
Le congé se poursuit toujours, les travaux avancent. Les chambres sont terminées et nous en sommes au salon. Nous profitons de la vie toujours à chaque jour. Hier, j'étais au show de Maxime Landry avec ma mère. Excellente prestation. À l'entracte, l'alarme d'incendie sonne. J'étais dans la salle bien assise avec un paquet d'autres personnes toutes pour la plupart bien avancées en âge. Quelques-unes sont sorties mais pas d'information du personnel sur la nécessité de sortir. Informations contradictoires de part et d'autre. Je décide de ne pas sortir et quelques minutes après, tout le monde revient. Personne n'a pris un des micros disponibles pour nous indiquer quoi faire. Un peu paniquant mais comme il n'y avait aucun mouvement de foule dans le hall, pourquoi se lever... Bref, le directeur de la salle est venu après l'entracte nous féliciter pour notre courage... et nous expliquer que son nouveau système est sensible et qu'il avait détecté de la fumée (de la scène) dans l'escalier. Je l'aurais hué si j'avais pu. Quelle désorganisation que cet exercice qui n'en était pas un. Dans un endroit public, c'est au personnel de prendre en charge les gens. Assise en avant de moi, il y avait une dame qui venait de se faire opérer et avait de la difficulté à se déplacer. Elle n'a pas bougé et je la comprends. On repassera monsieur le directeur! Dans moins d'un mois, on s'envole pour l'Ouest canadien. Oh que j'ai hâte! Je souhaite de tout mon coeur qu'il n'y ait pas de pépin de santé pour ma mère, c'est ce qui va me stresser tout le long. Pas de pépin non plus pour mon père qui en arrache de plus en plus et qui va rester chez lui. Un jour ou l'autre, je vais devoir m'en libérer et je sens nettement que le fil sera bientôt coupé. À 80 ans passés, il n'en reste plus beaucoup quand la santé est hypothéquée. Faire son deuil avant même que la personne ne parte, on n'y est jamais préparé. En tout cas (mon expression favorite), je les gâte au max et les voit souvent souvent. On a peint le plancher de l'atelier de mon père, on a posé une rampe dans leur escalier, installé deux chauffages d'appoint. Avec ces travaux, on se permet de prendre tout le temps une pause café-chocolat chaud, de placoter avec eux, de les désennuyer. Ce qui tue le plus les gens âgés, c'est l'ennui. On a beau aller les voir souvent, ça me torture quand même de savoir qu'ils sont laissés à eux-mêmes. Heureusement qu'ils sont toujours ensemble et qu'ils peuvent s'asticoter encore...
Début du second droit de notre congé après des Fêtes très très tranquilles où le repos était à l'honneur. Nostalgie de nos Noël d'antan où les enfants jeunes étaient rois avec leurs yeux pleins de poésie et de mystère. Place à l'individualité festive mais en groupe, bizarre comme image mais c'est ce que j'ai ressenti. Chacun à son affaire mais ensemble. Ce qui est plus ennuyeux comme climat mais il faut évoluer et accepter que le futur n'est pas le passé.